Tour de plaine

Carte de rendement VS carte de sol : laquelle choisir pour quelles utilisations ?

Rédigé par Alpha de Spotifarm | 28 août 2025 13:56:41

Optimiser les intrants, c’est bien. Le faire sur la base de données fiables, c’est mieux. Aujourd’hui, deux outils s’imposent pour guider la modulation intra-parcellaire : la carte de rendement et la carte de sol.

Chacune a ses atouts, ses limites, et surtout… son coût.

Alors, faut-il investir dans une carte de sol ? Ou bien se contenter de ce que la moissonneuse fournit déjà ? On fait le point.

Sommaire : 

1- Carte de rendement : des données à portée de main (et moins chères)

2- Carte de sol : un diagnostic de fond… mais plus coûteux

3- Quelle carte pour quel usage ?

Carte de rendement : des données à portée de main (et moins chères)

Si votre moissonneuse est équipée d’un capteur de rendement (ce qui est de plus en plus courant), alors vous avez déjà accès à une mine d’or agronomique.

 Qu’est-ce que c’est ?

Une carte générée automatiquement pendant la récolte, qui mesure en temps réel les volumes de grain récoltés, à la maille intra-parcellaire.

Crédit photo : https://www.aspexit.com/les-cartes-de-rendement-en-agriculture-de-recision/

Ce qu’on peut faire avec :

  • Identifier les zones les plus (et les moins) productives

  • Ajuster la densité de semis

  • Moduler les apports d’engrais ou de produits phytosanitaires

  • Localiser les problèmes récurrents (compactage, stress hydrique, maladie…)

Avantages :

✅ Faible coût (si la machine est déjà équipée)
✅ Données réelles et objectives, sur la performance finale de la culture
✅ Facile à collecter, année après année 

Limites :

⛔ Ne donne pas d’explication sur les causes (sol, drainage, pH…)
⛔ Moins fiable si la moissonneuse est mal étalonnée
⛔ Une seule culture par an → pas exploitable en culture de printemps si pas de capteur sur ensileuse ou arracheuse

Côté budget  : 

  • Si capteur déjà en place : 0 €
  • Option sur une machine neuve : 5 000 à 30 000 €
  • Kits vendus séparément : 2 000 à 5 000 €

 

Carte de sol : un diagnostic de fond… mais plus coûteux

Si votre moissonneuse est équipée d’un capteur de rendement (ce qui est de plus en plus courant), alors vous avez déjà accès à une mine d’or agronomique.

Crédit photo : https://www.lanoelleenvironnement.com/etude-de-sols-pour-lagriculture-de-precision/

Deux approches principales :

  1. Cartographie de conductivité (EM38, Topsoil Mapper, etc.) : lecture physique du sol (texture, profondeur, eau)

  2. Analyses de sol en maille fine : pH, MO, CEC, P-K-Mg, etc., généralement tous les 1 à 4 ha

Ce qu’on peut faire avec :

  • Adapter les apports de fumure de fond et de chaux

  • Gérer les hétérogénéités structurelles du sol (ex : profondeur utile, tassement)

  • Ajuster les semis ou irrigations selon la capacité de rétention en eau

Avantages :

✅ Connaissance fine et structurelle du sol
✅ Utile pour raisonner les apports de longue durée (PK, amendements)
✅ Données stables dans le temps → pas à renouveler chaque année 

Limites :

⛔ Coût élevé, surtout en maille fine
⛔ Ne reflète pas la conduite de culture ni les événements climatiques
⛔ Moins utile seul, sans croisement avec d’autres données (rendement, NDVI, etc.)

Côté budget  : 

  • Conductivité seule : 20 à 40 €/ha
  • Analyses complètes en maille fine : 70 à 100 €/ha
    → À faire tous les 5 à 10 ans selon objectif

 

Quelle carte pour quel usage ?

Objectif

Carte de rendement

Carte de sol

Moduler les semis

✅ Très adaptée

✅ Possible selon texture

Moduler l’azote

✅ Très utile

❌ Peu pertinent seul

Adapter la fumure de fond

✅ Sur plusieurs années

✅✅✅ Recommandé

Corriger le pH

❌ Pas possible

✅✅✅ Indispensable

Localiser un stress (eau, compaction)

✅ Visible indirectement

✅ Selon conductivité

Suivre la parcelle dans le temps

✅ Mise à jour chaque année

❌ Données stables

 

🧩 Le bon combo : les deux cartes… ensemble

En réalité, rendement et sol sont complémentaires :

  • Le rendement montre l’effet final
  • Le sol explique le pourquoi

En croisant les deux, on peut prendre les meilleures décisions techniques : plus d’engrais là où le sol le permet et où les plantes répondent, moins là où le potentiel est limité durablement

Pour en savoir plus… : 

Alpha de Spotifarm 🛰️