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Modulation azotée : j'adapte moi-même mes doses à la parcelle

par Alexandre de Spotifarm, le 16 juil. 2020 18:45:00

A quelques jours de la fin des moissons, nous sommes allés rencontrer Arnaud, céréalier en Indre et Loire à quelques kilomètres du zoo de Beauval.
On en a profité pour parler agriculture de précision, imagerie satellite, et réduction des charges.

Arnaud Cadon agriculteur en Indre et Loire

Bonjour Arnaud, comment tu vas ?

Ça va. Mais il y a beaucoup de choses à faire sur l'exploitation. Je cours partout. On est pas mal chargé en ce moment avec la moisson qui a démarré.

Ça donne quoi le rendement sur les premières parcelles ?

On a presque fini de battre. Il nous reste encore quelques hectares de blé à faucher. Pour le blé, j’ai commencé par les meilleures parcelles, donc difficile de donner une moyenne. Mais ce n'est pas une bonne année. On est déjà à 15% de rendement en moins qu'en moyenne.  Sur les colzas aussi c'est pas terrible. On a eu un automne très pluvieux, puis du sec au printemps... Même si en colza, j’ai l’impression que je ne m’en sors pas si mal si j’en crois les résultats autour de chez nous. »

moisson claas lesxion fendt maupu tracteur moissonneuse batteuse remorque colzaChantier de récolte chez Arnaud 

Arnaud, peux-tu nous présenter ton exploitation en quelques mots ?

Avec mon associé nous exploitons environ 400 ha dans le centre de la France, en Indre et Loir. C’est une exploitation purement céréalière avec les productions classiques du secteur : on cultive du blé, de l’orge, du colza, du tournesol, des petits pois. Et un peu de maïs grain.

Tu utilises Spotifarm depuis un peu plus d’un an maintenant. Peux-tu nous expliquer à quoi ça te sert sur la ferme ?

Je regarde beaucoup la végétation par rapport à ce que je vois dans les champs en tour de plaine. Notamment pour la levée des blés. Surtout cette année. On a eu des levées très hétérogènes à causes des conditions climatiques compliquées cet automne. Sinon, en ce moment, je l’utilise pas mal sur les tournesols.

Depuis les semis de tournesols, j’ai une image tous les 3-4 jours, c’est pratique pour suivre l’évolution de la culture.

Par exemple, j’ai une parcelle le long d’un bois. Pendant la floraison du tournesol, j’ai des biches et cerfs qui ont attaqué la parcelle. Je l’avais vu dans le champ, mais avec Spotifarm ça m’a permis de mesurer la surface exacte qu’ils avaient abîmé. J’ai déjà 1 ha de dégâts sur la vingtaine que fait la parcelle. Du coup, j’ai fait venir l’expert. 

Et t'éviter des frais d'expertise c'est bien ça ? 

Oui c’est ça. Il faut un minimum de 3% de dégâts sur la parcelle pour être indemnisé. Ce n’est pas évident à dire à l’œil nu. Sinon, le passage de l’expert est facturé et on ne touche pas d'indemnités.

Tu pratiques l'agriculture de précision sur l'exploitation. Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu t'es lancé dans la démarche ?  

Oui, je module depuis quelques années déjà. J'ai démarré avec ma coopérative Axereal qui propose ce type de services avec Stratéos. Le but, c'est d'optimiser la potentiel de chaque parcelle en fonction de la variabilité du sol. J'ai souscrit une offre de services et la coopérative m'accompagne pour l'acquisition des données : elle fait des analyses de sol, des cartes de résistivité des parcelles .... Et à partir de ces cartes, j'adapte ensuite mes apports en phosphore et potasse.

Pour l’azote, on fait appel aux images satellite Farmstar®. Je reçois un conseil sous la forme d'une carte d’application intraparcellaire que j’exporte ensuite vers la console GPS du tracteur pour moduler mes apports d'azote au sein de la parcelle en fonction du potentiel de la culture. 

Je module 100% de ma surface de colza. Mais pour le blé et l'orge, je choisis les parcelles selon la taille et l’hétérogénéité

Sur céréales, je n'achète des cartes de préconisation azotée que sur les plus grandes parcelles. Quand la parcelle est trop petite, c'est difficile de moduler et les gains sont trop faibles. Je choisis aussi les parcelles les plus hétérogènes, celle où la modulation intraparcellaire m'apportera le plus. J'utilise Spotifarm pour évaluer le niveau de végétation et l'homogénéité de la biomasse. En fonction de ce que je vois sur l'application, je décide si ça vaut le coup de souscrire ce type de service de télédétection.

A 7€/ha, ça m’évite d’investir s’il n’y en a pas besoin

Quand je reçois une conseil azoté, j’aime bien adapter les doses préconisées moi-même en fonction de ce qu’il y a dans chaque parcelle. Je trouve que c'est important en tant qu'agriculteur de ne pas suivre un conseil sans le comprendre. Et de garder la main sur ce qu'on fait. Tout ça, ça reste des outils d'aide à la décision. Mais c'est moi qui décide au final. Par exemple, le service de télédétection que j’utilise pour l'azote ne me fournit qu’une image et des doses à appliquer selon le niveau de végétation de la parcelle. Mais apporter 100 unités d’azote dans un rond rouge, ça ne veut pas dire grand-chose. Parfois, c’est rouge parce que le blé n’a pas bien poussé tout simplement. »

Avec l’historique de Spotifarm, je peux identifier les zones et modifier à la baisse la dose d'azote recommandée pour économiser encore plus sur l’engrais.

hétérogénéité intraparcellaire modulation azote N

Je fonctionne de la même manière pour les phytosantaires. Je me suis équipé d'une station météo connectée depuis 3 ans. Les données météo alimentent les modèles maladies d'Arvalis pour le blé. Quand l'OAD m'indique un risque maladie, je vais quand même vérifier sur le terrain avant de traiter avec un fongicide. 
Je me sers aussi de la station pour déclencher l'irrigation en fonction des conditions météorologiques.

Tu irrigues tes cultures ?

On a démarré cette année suite à la reprise de 70 hectares dans le secteur.
Je ne peux irriguer qu'une quinzaine d'hectares de maïs par rapport à mon débit et mes positions. J'ai 8 positions, alors je passe 1 fois par semaine, et entre 3 et 5 passages je pense. Avec des images tous les 3-4 jours, je vais pouvoir suivre ça sur Spotifarm également. J’ai déjà vu une droite parallèle sur la dernière image satellite. Ça se dessine dans la parcelle en fonction des apports d’eau.

Comme on démarre sur l’irrigation, ça me rassure de pouvoir suivre ce qu’on fait.  Et la parcelle est à 15km, ça m’évite de me déplacer pour rien.

Merci Arnaud, et bonne fin de moisson !

Topics:CerealierAgriculture de précision

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