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Quel intérêt pour un agriculteur d'adhérer à un CETA ?

par Alpha de Spotifarm, le 5 janv. 2023 08:15:00
Temps de lecture estimé : 7 min.

Les groupements agricoles comme les CETA et les GEDA sont des structures de gestion de l'agriculture qui ont pour objectif de promouvoir l'efficacité économique des exploitations agricoles en favorisant le développement durable. Elles peuvent être une solution intéressante pour les exploitants agricoles souhaitant mutualiser les moyens et les compétences de leur exploitation.

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Qu’est-ce qu’un CETA ?

Le CETA (Centre d'Études Techniques Agricoles) est un groupement de producteurs qui a pour but de mettre en commun les moyens techniques et les compétences des membres afin de développer l'agriculture de manière durable et rentable.

Le CETA une structure peut être créé par des agriculteurs, des coopératives agricoles ou des chambres d'agriculture et il est géré de manière démocratique par ses membres.

Attention : Il ne faut pas le confondre avec le Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) qui concerne également l'agriculture. Ce dernier étant un accord commercial bilatéral de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada.

29 % des agriculteurs font au moins partie d'un groupe technique

 


Comment fonctionne un CETA ?

Il est important de noter que les CETA et GEDA ne sont pas des structures juridiques mais plutôt des conventions de groupement signées entre les membres. Elles ne sont pas soumises à l'impôt sur les sociétés et ne peuvent pas distribuer de bénéfices.

Une cotisation annuelle permet à chaque agriculteur d’en devenir adhérent.

Les adhérents de chaque CETA élisent les membres d’un bureau administratif (président, secrétaire, trésorier) qui gèrent le fonctionnement du CETA. Le conseiller est salarié de l’association.

Chaque CETA est indépendant, mais peut faire partie de la Fédération nationale des CETA pour coordonner ses activités et son fonctionnement.

Quant au budget, chaque année, les adhérents d’un CETA payent une cotisation dont le montant est fonction de la surface d’exploitation suivie. Le budget du CETA est ensuite complété par des subventions du conseil général, de la Chambre d’Agriculture et parfois des municipalités.

Les coûts d’adhésion varient aussi d’une structure à l’autre selon son organisation, le nombre de techniciens qu’elle emploie, les services proposés aux adhérents, etc

Quelles sont les missions des CETA ?

Les missions des CETA peuvent être différentes d’une structure à l’autre selon son organisation et le personnel salarié qu’elle emploie. Mais toutes visent un accompagnement des agriculteurs afin de les faire progresser ensemble sur le plan technique.

Cela passe par :

  • L'apport de compétences et de références via l’échange et le partage d’expériences et de données entre pairs.
  • De l’accompagnement individuel ou en groupe des adhérents pour les aider à affiner leur stratégie et rentabiliser leur exploitation.
  • La recherche d’innovations et la mise en place d’expérimentations, d’études et d’essais techniques sur l’évolution des pratiques agricoles, tout système de production confondu.

Les CETA s’appuient pour cela sur 3 missions essentielles pour les agriculteurs :

1) Les formations

Les formations sont généralement organisées sur les exploitations agricoles et répondent aux problématiques du terrain. Ce sont les agriculteurs qui s’accordent pour définir les programmes de formation. Elles peuvent porter sur des questions techniques, économiques, environnementales, stratégiques et sociales de leur métier.

Ces formations sont également disponibles pour les salariés agricoles avec un programme adapté pour eux.


2) Le conseil et l’appui technique 

Les CETA proposent des conseils et appuis techniques sur diverses thématiques. Cela passe souvent par la réalisation de tour de plaine en groupe, notamment pour visiter des parcelles d’essai et échanger sur de nouvelles pratiques culturales.

Les CETA partagent également des informations nécessaires au suivi des cultures, via des alertes sur les parcelles afin d’anticiper les interventions.

Cet appui technique peut se matérialiser sous différentes manières :

  • L’envoi d’une newsletter
  • L’accès à un extranet
  • La mise en place de forums de discussions entre agriculteurs, ou de groupes d’échanges sur Whatsapp ou d’autres applications (Doctofarm, Landfiles, Amiculteurs …)
  • Des journées de démonstration de matériels
  • Etc.

Ces conseils sont donnés de manière indépendantes et neutres par les ingénieurs conseils salariés du CETA.


3) La fourniture d’outils d'aide à la décision (OAD)

Afin d'accompagner au mieux les adhérents dans leur recherche d’autonomie de décision, quelques CETA développent ou proposent des outils spécifiques de gestion technico-économique ou d’aide à la décision.

Pourquoi adhérer à un CETA ?

L’adhésion à un CETA présente de nombreux avantages pour un agriculteur. Moyennant une cotisation raisonnable, il a accès à tous les services cités plus haut. Mais ce que les agriculteurs qui adhèrent à ces groupements recherche c’est avant tout :   

Un conseil agricole neutre et indépendant
La force des CETA est l’indépendance du conseil fourni aux agriculteurs. Celui-ci se basant notamment sur des essais locaux.

La séparation de la vente et du conseil a permis de faire progresser les choses, mais de nombreux agriculteurs cherchent à se forger une opinion sans être influencé par leur technicien de coopérative ou leur concessionnaires.  D’où l’attrait pour les CETA qui progresse.

De plus, les CETA sont organisations non syndicales et apolitiques.

Par leur cotisation et leur vote, les adhérents du CETA décident de la politique salariale et des actions menées par la structure, dans l’intérêt premier des producteurs.

Des références agronomiques locales, avec un conseil personnalisé et adapté au contexte de l’exploitation

L’influence du contexte local sur les pratiques culturales n’est plus à démontrer. Les expérimentations des CETA sont souvent d’excellentes références pour tout exploitant qui cherche à optimiser son système de production. D’autant plus qu’au-delà des aspects techniques, les CETA évaluent l’intérêt économiques des sujets qu’ils traitent. Les thématiques d’expérimentations étant nombreuses et peuvent couvrir :

  • les choix variétaux
  • les programmes herbicides
  • les programmes fongicides
  • la fertilisation (N,P,K, oligo)
  • les couverts végétaux
  • la méthanisation (CIVE, Digestat)
  • l'agriculture de Conservation des Sols (Couverts, l'implantation)
  • la réduction d'intrants (Désherbage mécanique, Bas Volume)
  • etc.

La variété des thématiques abordées, en phase avec les préoccupations de chacun

Les formations et les informations proposées aux agriculteurs au sein d’un CETA abordent des thèmes très variés :

  • L'approche technico-économique des cultures
  • La gestion des troupeaux
  • L'organisation du travail
  • Les économies d'énergie
  • La mécanisation
  • La fiscalité...

Mais les sujets sont proposés par les membres d’un même secteur, ce qui permet de coller au plus près des préoccupations du terrain.

Les échanges entre agriculteurs et des réflexions en groupe qui permettent de progresser

Les agriculteurs partagent leur savoir-faire afin de progresser au sein des groupes. Ces échanges d’expérience sur les pratiques et les innovations mises en place permettent de comparer ses performances individuelles aux autres membres du groupe.

Les principaux C.E.T.A. de France

La plupart sont focalisés sur les cultures. Mais il existe des CETA spécialisés sur l’élevage notamment dans l’Ouest de la France.

Les CETA ont des tailles et des fonctionnements diverses qui leur sont propres. La plus petite structure représente 4200 ha quand la plus grande compte plusieurs salariés et représente une superficie de plus de 130 000 ha.

Le GRCETA de l'Evreucin

Depuis plus de 60 ans, le GRCETA réunit des groupes d’agriculteurs et les accompagne grâce à un conseil indépendant.

Le GRCETA s’appuie sur une équipe de 8 ingénieurs. Leur mission principale est le conseil et le suivi technique auprès des adhérents.

Pour cela, ils s’appuient sur les comptes-rendus des essais, une veille technique et réglementaire (auprès des instituts techniques et de l’administration), leurs expériences et le savoir-faire des agriculteurs adhérents.

Le GRCETA est notamment très avancé sur les sujets d’agriculture de précision

Le CETA35

Le CETA35 est une association de formation et d´accompagnement technique et stratégique des exploitations agricoles qui rassemble 50 groupes CETA en Ille-et-Vilaine, soit 460 exploitations conventionnelles et bio.

Chaque CETA est spécialisé par production (lait, porc et cultures)  ou par thématique de travail : méthanisation, agriculture de conservation des sols, élevage des génisses, grands troupeaux laitiers


AGRO D'OC : L'UNION DES CETA D'OC 

AGRO D'OC est une coopérative agricole régionale organisée en CETA. Son siège est à Monferran-Saves (Gers).

Ses adhérents ont leurs exploitations agricoles dans les régions Midi-Pyrénées et Aquitaine agrandies de l'Aude et de la Charente.

AGRO D'OC fédère aujourd'hui 995 agriculteurs, répartis en 49 CETA.


UCATA - Ceta du Cher 

Association historiquement implantée au cœur du Cher, l’UCATA – Union Céréalières des Applications des Techniques Agricoles – accompagne ses adhérents dans la gestion et l’optimisation de son exploitation agricole.

L’UCATA est constitué d’un Conseil d’Administration, d’un Bureau réunissant 5 membres et d’une équipe de 3 salariés.

L'UCATA conseille les agriculteurs sur la conduite technique et agronomique de leurs cultures.

CETA vs GEDA ?

Les GDA ou GEDA (Groupement d'Exploitations Agricoles en Développement) sont également des groupements d’agriculteurs qui visent à améliorer l'efficacité économique des exploitations agricoles.

Pour atteindre cet objectif, ils mettent en place des services communs tels que la mécanisation, l'achat en commun de matériel ou encore la formation professionnelle.

Ces lieux d’échanges et de réflexions peuvent être créés par des chefs d’exploitation, des coopératives agricoles ou des groupements de défense sanitaire (GDS).

Contrairement aux CETA qui revendiquent leur indépendance, notamment politique, les GEDA sont souvent liés aux Chambres d’Agriculture. L’animation du groupe étant alors assurée par un conseiller de la Chambre locale. Même ces associations agricoles non syndicales reste ouvertes à tous.

Ce type de groupement reste géré de manière démocratique par ses membres.  Chaque structure est représentée par un Président et gérée par un conseil d'administration d'agriculteurs avec l'appui du conseiller d'entreprise du secteur.

 

Pour en savoir plus :

Alpha de Spotifarm 🛰️

Tag:Techniques culturales

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